Décombres

   

Février 2017
Performance 1h
Messe grise avec le collectif chôSe
Buktapaktop, Bruxelles

Ne dépassent que les pieds hors du tas de pierres. En s’approchant, on voit les pierres bouger, quelqu’un respire encore. C’est une image de guerre sortie des écrans.

L’inauguration

Novembre 2016
Performance de 20 minutes avec un iPhone 6
Galerie Heure du Siège, Valenciennes

C’est un grand jour, je me suis enfin décidée à passer au smartphone. Ma main est recouverte d’un tissu serré d’un ruban rouge. J’entame un discours très officiel, que je clôture en coupant le ruban. Le tissu tombe, une projection se déclenche sur mon visage, je suis hypnotisée, l’iPhone se met à parler. À son tour il fait un discours: c’est un grand jour, il a enfin réussi à faire de moi son esclave.  Après cela, je ne suis plus la même. Je m’appelle Lisa Cooleur, je perds toute ma solennité. Enjouée et très puérile, j’interpelle les spectateurs à devenir ami avec moi sur facebook. Je deviens complètement obsédée par mon téléphone et par ce qui se passe sur les réseaux sociaux. Mon enthousiasme s’étiole, je deviens jalouse de la vie des autres. De temps en temps, mon ancien moi me laisse des messages et essaye de me mettre en garde, en vain. Enfin, quelqu’un m’appelle et je m’éloigne pour répondre.

Ça prend une vie d’apprendre à marcher



2016 performance en collaboration
avec Timothée Nay et Frédéric Déotte
Festival Parade! Myriam Makeba day, Caen

Timothée Nay marche et danse sur un beat de Voguing ralenti pendant que Carole Louis déclame un texte qui questionne genre et sexualité, racisme et relations coloniales. Écrit à la première personne, à partir d’anecdotes remontant jusqu’à l’enfance, il problématise l’appropriation de la culture Voguing par des blancs. Frédéric Déotte, qui nous rappelle que c’est l’Occident qui s’asseoit sur une chaise, la fait grincer.


 
 

(extrait du texte)

«Quand mon père a fêté ses 40 ans, on a organisé une grande fête à la maison. Papa était habillé comme Tintin, il portait un costume complet beige à manches courtes et un bermuda. Et moi j’étais maquillée tout en noir, je portais un petit pagne orange fluo avec de la fausse paille jaune en plastique.
Frédéric veut ralentir la vie. Je le prends au mot. Je ralentis le beat de voguing sur VLC, je l’enregistre sur mon Garage Band craqué.

Timothée termine un article sur la révolution haïtienne, la première révolte d’esclave réussie du monde moderne. Il ne savait pas comment écrire que CLR James est noir.
Timothée danse le voguing. Le voguing vient des Etats-Unis. Le voguing vient des pédés afro et des tapettes latino. Ils perdaient toujours les concours de dragqueen des blancs. Alors ils ont inventé leur propre compétition. Vogue comme le magazine. Ils posent comme des mannequins. Ils ont pas un balle, ces pédés de misère, alors ils jouent à être beaux. Ils se mettent dans la peau de celles qu’ils ne sont pas. Ils défilent. They walk.

Timothée danse pour ne plus parler. Une amie viennoise lui a dit : heureusement que t’as commencé à danser, t’étais tellement coincé avant. Timothée voudrait parler aux hommes du féminisme, mais en tant qu’homme comment parler. Du féminisme. Et en tant que blanc ? Comment parler ? Alors il danse.

Est-ce qu’en fait on voudrait pas devenir des noirs? Devenir aussi cool que des noirs. Les filles blanches veulent danser la danse africaine, elle veulent danser avec des noirs parce que les noirs ça danse, les filles veulent baiser avec des black parce qu’ils ont des grosses bites. Elles veulent leur petit métisse dans une poussette, pour pouvoir lui faire des tresses.»

 

Cocktail

Octobre 2016
Performance-lecture 15 minutes
Jus d’orange, paille géante, peignoir, maquillage orange, montre
Messe orange avec le collectif chôSe et radio O
Lavoir Moderne, Paris

Une femme en burn-out a pris des vacances forcées. Elle énonce les ordres qu’elle se donne à elle-même. Puis elle se laisse rouler dans l’escalier.

 

Tu prends la porte

Performance de deux heures
Juin 2016, Académie des beaux-arts de Marche-en-Famenne, Belgique

Une nouvelle fonctionnaire occupe le bureau de la directrice de l’école d’art. Elle dirige la conception des idées artistiques. Elle est assise devant une armée de stabilo jaune fluo. Elle décide de ce qui est beau ou laid, de ce qu’il faut ou non penser de l’art. Ses archives de glaise sont éparpillées à qui vient demander une information. Elle finit par s’enfermer, la boîte aux lettres vomit du papier broyé. Les concepts sont déchiquetés.

A new official agent is working in the office of the director of the artschool. She manages the conception of artistic ideas. She sits in front of an army of yellow fluorescent stabilo. She decides on what is beautiful or ugly, of what is necessary or not to think about art. His archives of clay are scattered whom comes to ask an information. She locks herself, the mailbox vomits some crushed paper. The concepts are ripped.

    

   

Nicht mehr lange

In situ installation and performance in progress
HAUS#99 during art Basel 2016

Here is the foundation, at the very bottom, in the cellar. Through the well, we can sink even deeper. Ten meters down, there is water. Somebody digs to uncover it. Shards of glass are extracted from it. Bottles found whole are exposed as precious relics. The ground enters through windows and begins to bury the house. It is the beginning of the end. Inside the well, you believe you could die, every second, the ground could collapse, the water might gobble you up.

The house is condemned. I enrobe its walls. I am searching for the threatening thought of inert distress. I give the house a last rite before its extinction.

     

     

 

Faux départ

Mai 2016 performance trois heures et installation sonore
Soirée Boundaries Crash-test au Brass, centre culturel de Forest, Bruxelles

Assise à son bureau, une hôtesse lance des annonces qui résonnent dans l’espace comme dans un aéroport. Ses déclarations tournent peu à peu à l’injonction métaphysique. Les règles extrêmes la rattrapent. Elle se dissout dans une régression que suggère l’emprise infantilisante du système dont elle symbolise la voix.

A hostess throws announcements which ring in the space as in the aeroport. Her distopic orders gradually turn to metaphysical injunctions. Extreme rules catch her up. She dissolves into a regression that suggests the infantilisation system that her voice represents.

       

 

 

Faceball

Performance 15 minutes
Janvier 2016, messe rose
avec le collectif chôSe
L’amour, Paris

Parade nuptiale avec une boule à facettes.
Ça tourne mal.

Bridal parade with a disco ball.
It runs rough.

Modem

 

Octobre 2015 performance 1h30
avec Charles Pennequin, Camille Escudero, et Lauren Rodz
Les ateliers Mommen, Bruxelles

Modem est une tentative d’incarner internet en personne.
Comment se comporterait-il en humain ou animal?
Il chante son cri de connexion comme un coq.
Il court sans cesse d’un point à l’autre pour vite transmettre une information.
Sans tâche et sans question, il tourne à vide.

Büro Lokal

2015 Nomad Workshop
Wiltz, Luxembourg

Le Büro Lokal était une agence touristique fictive en burn out.
Des messages étaient diffusées sur les panneaux informatifs de la ville de Wiltz.

Only one cent please!

Performance 3h
Juin 2015, Concordes Performances, Bruxelles

A business man behaves as a zoo captive animal in a courtyard below. One cent coins inside a bowl placed on the bar are provided to throw to him as peanuts given to animals. He walks on his knee, turns in circle, tries to sleep, then suddenly wakes up when a coin hurts one of his mess tin. Then he sometimes roars, he rings the coins as asking more.

Dormant dans les feuilles de bronze, un business man en banqueroute se débat dans sa cage et hurle quand on lui lance une pièce en guise de cacahuète.

   

  

       

Y voir clair

Performance 2h30
Décembre 2014, Ateliers Claus, Bruxelles

The window is a blank page. Two kettles produce mist. In my mouth, I have a bike lamp  and I blow vapor on the window. I write with my finger words that remain only seconds. The text speaks about a ceaseless fight between two opposed manners to get the meaning of things, on one hand with the reason, the rational spirit, or with emotions, more irrational on the other hand. It is a surrealist dialogue in between these two entities as two different characters in conflict. With sudden gestures I tried to embody a primal human presence, with an animal way of moving, to give a wink to prehistoric men.

Deux entités interdépendantes dialoguent dans un même corps en traçant leurs pensées dans la buée. Elles luttent pour la vérité. L’une incarne la logique, la raison, l’efficacité, l’autre se situe du côté des émotions et du ressenti. Elles s’épuisent l’une l’autre dans un combat existentiel sans fin.

 

7 tours



2015 langue en silicone, moteur

Un exo-organe pour pallier aux manques affectifs.

Table rase

2013 Académie des Beaux-arts de Saint-Gilles, Bruxelles
céramique émaillée

Des phrases triviales propices à déclencher des conflits sont gravées dans les assiettes

Trivial phrases known for triggering conflicts are engraved on the plates.