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Clown et guerrière, je cherche à troubler tout ce qui coule de source.

Mes performances tragi-comiques cherchent à remettre en cause ce qui serait comme trop évident : nos conditionnements, nos habitudes de pensée jamais remises en doute. Je me place à l’endroit du malentendu pour révéler ce qui tourne à l’absurde. Il en ressort des contes aussi naïfs que cruels : l’être humain en prise avec ses ambitions et ses aspirations au bonheur. Une fresque acide racontant les contradictions existentielles.

Les gestes et paroles de mes personnages sont régis par des lois arbitraires auxquelles ils s’efforcent d’obéir. Enfermés par la nécessité de s’adapter à des normes et de s’intégrer à tout prix, ils cultivent des clichés souvent ridicules.

J’associe différents médiums pour produire un contexte global que j’active en performant. Le travail in situ me permet de rebondir avec les ingrédients architecturaux et socio-économiques d’un lieu. Ensuite, j’écris, je couds des costumes, je construis des objets et des accessoires, je code sur internet, je chante, je monte des vidéos.

Mes choix esthétiques se veulent ludiques. J’utilise souvent des objets de la vie courante, à la portée de tous. Les jouets me fascinent particulièrement, quand ils indiquent comment les adultes cherchent à orienter les enfants.

Depuis 2016, je travaille aussi à retracer l’histoire d’un réseau social préhistorique basé à Bruxelles, www.parano.be. Utilisant un système d’hyper-modération panoptique, et les règles d’un jeu de rôle nommé paranoïa, cette plateforme entrecroise les jeux de pouvoir et ironise le discours autoritaire. De nombreux ingrédients de ce site influencent aujourd’hui ma pratique.

Une certaine tendance animiste colore aussi mon travail. Je pratique la tentative impossible de me placer à l’endroit de l’inerte, et j’incarne ses réactions d’impossible révolte. Je suis hantée par la revanche de la nature et même par celle des objets contre le règne de l’être humain.

À un niveau plus théorique, je me base sur de multiples réflexions autour des enjeux de pouvoir. Je m’intéresse tout autant aux théories anarchistes de David Graeber au sujet de la dette, aux histoires de la médecine vues par Michel Foucault, qu’aux pratiques de jeux bdsm et aux jeux de rôle sur internet.