🎮

Mi-guerrière, mi-clown, je cherche à troubler tout ce qui coule de source. Le conditionnement détermine les comportements sans le libre-arbitre nécessaire pour en décider autrement. Mon arme pour le lézarder : une fausse naïveté douce-amère. Je galope à l’intérieur d’un labyrinthe existentiel, et je n’ai pas peur de me cogner contre les murs. Comme souvent on fait mine de comprendre pour garder la face, je m’approprie ce faux-semblant. J’interprète de travers exprès, pour révéler les absurdités. Ce décalage produit des récits, des fables, des chansons. J’esquisse une fresque grotesque de la déchéance humaine.

Lors de mes performances, mes personnages sont occupés à des tâches contradictoires. Leurs actes et paroles sont régis par des lois arbitraires auxquelles ils s’efforcent d’obéir. Ils sont parfois occupés à des rituels fatigants. Enfermés par la nécessité de s’adapter à des normes et de s’intégrer à tout prix, ils cultivent les clichés. Souvent ridicules, toujours obnubilés, ils se font des films, prennent les vessies pour des lanternes, et s’enfoncent dans des malentendus.

J’associe différents médiums pour produire un contexte global que j’active en performant. Le travail in situ me permet de rebondir avec les ingrédients architecturaux et socio-économiques d’un lieu. Ensuite, j’écris, je couds des costumes, je construis des objets et des accessoires, je code sur internet, je chante, je monte des vidéos.

Mes choix esthétiques se veulent ludiques. J’utilise souvent des objets de la vie courante, à la portée de tous. Les jouets me fascinent particulièrement, quand ils indiquent comment les adultes cherchent à orienter les enfants.

Depuis 2016, je travaille aussi à retracer l’histoire d’un réseau social préhistorique basé à Bruxelles, www.parano.be. Utilisant un système d’hyper-modération panoptique, et les règles d’un jeu de rôle nommé paranoïa, cette plateforme entrecroise les jeux de pouvoir et ironise le discours autoritaire. De nombreux ingrédients de ce site influencent aujourd’hui ma pratique.